Auditer et structurer la donnée de son cabinet pour la rendre exploitable par l'IA
L’IA ne vaut rien sans donnée, et votre donnée ne vaut rien si elle est éparpillée. Avant de déployer le moindre outil, il faut savoir où vous en êtes et ramener une information dispersée (CRM, extranets assureurs, mails, GED, tableaux Excel, bulletins PDF, carnets de notes) à un format unique. Bonne nouvelle : cela se fait sans tout reconstruire.
L’audit en cinq questions
Passez ce test sur votre propre cabinet :
- Si un collaborateur part demain, quelle part de la connaissance client s’en va avec lui ?
- Combien de temps vous faut-il pour produire une vision consolidée du patrimoine d’un client, toutes enveloppes confondues ?
- Pouvez-vous identifier en moins de cinq minutes quels clients ont un besoin urgent ce mois-ci ?
- Vos données sont-elles dans un format qu’une IA peut lire et interroger directement ?
- Avez-vous une source unique de vérité par client, ou l’information est-elle éparpillée entre plusieurs outils ?
Plus de trois « non » : votre donnée n’est pas prête pour l’IA.
Garbage in, garbage out
Donnez à une IA un relevé incohérent, elle en extraira des chiffres sans savoir s’ils datent d’hier ou d’il y a trois mois. Demandez-lui un briefing à partir de notes éparses vieilles de huit mois, le résultat sera incomplet. Elle ne croise pas ce qu’elle ne voit pas. Une donnée propre en fait un levier de conseil et d’anticipation ; une donnée éparse en fait un générateur d’à-peu-près inutilisables.
Structurer en quatre étapes
- Centraliser en une fiche unique par client (situation personnelle, patrimoine par grandes masses, historique de la relation, alertes actives), mise à jour après chaque interaction. C’est le socle décrit dans centraliser les données clients.
Le format minimal d’une fiche exploitable par l’IA :
CODE CLIENT : CLI-042
SITUATION PERSONNELLE
Age, situation familiale, régime matrimonial, enfants
Situation professionnelle actuelle
Objectifs patrimoniaux principaux
Profil de risque MIF II
Horizon d'investissement
PATRIMOINE (grandes masses)
Immobilier : ...
Financier : ...
Professionnel : ...
Passif : ...
Enveloppes détenues : AV / PER / PEA / CTO / autre
HISTORIQUE RELATION
Date dernier contact : ...
Derniers arbitrages réalisés : ...
Points en suspens : ...
Prochaine action : ...
À ne pas oublier : ...
ALERTES ACTIVES
Signaux à surveiller : ...
Échéances à anticiper : ...
- Normaliser les formats entrants : PDF assureurs, bulletins de fonds PE et SCPI, mails et notes brutes ramenés à un format structuré unique.
Pour les PDF assureurs, uploadez le relevé dans votre outil IA avec ce prompt :
Extrait de ce relevé assureur les informations suivantes
et formate-les en JSON structuré :
numéro de contrat, assureur, valeur de rachat,
date de valorisation, répartition par supports.
Pour les bulletins de fonds PE et SCPI :
Extrait de ce bulletin les informations clés :
nom du fonds, ISIN si disponible, valeur liquidative,
date de valeur, performance depuis l'origine,
taux de distribution, points d'attention mentionnés.
Pour les emails et notes brutes :
Voici des notes brutes d'un échange avec un client.
Extrait et structure les informations suivantes :
événements mentionnés, décisions prises,
points en suspens, prochaine action avec date.
- Créer une routine de mise à jour : deux minutes après chaque rendez-vous, un quart d’heure par semaine pour les documents reçus, une revue trimestrielle du portefeuille.
- Valider : soumettez la fiche d’un client bien connu à l’IA et demandez-lui les trois sujets les plus urgents. Réponse pertinente, la donnée est exploitable ; réponse vague, la fiche est à enrichir.
Le prompt de test :
En te basant uniquement sur cette fiche,
quels sont les 3 sujets patrimoniaux
les plus urgents à aborder avec ce client ?
Les erreurs à éviter
Vouloir tout structurer d’un coup : commencez par vos vingt clients les plus actifs. Dupliquer l’information à plusieurs endroits : une seule source de vérité, sinon l’incohérence s’installe. Négliger la pseudonymisation : un code client, jamais le nom complet. Croire que le CRM suffit : il stocke, il ne structure pas la connaissance métier.
Une fois ce socle en place, la donnée devient la mémoire du cabinet et le carburant de la veille : c’est ce qui sépare un cabinet qui réagit d’un cabinet qui anticipe.