Connaissance client et LCB-FT automatisées : la méthode pour les CGP et banquiers privés
,par Thomas Higadère,3 min de lecture
La connaissance client et la lutte contre le blanchiment (LCB-FT) s’automatisent bien pour tout ce qui est collecte : identification de la structure, bénéficiaires effectifs, criblage des personnes politiquement exposées et des listes de sanctions, surveillance des événements. C’est la charge administrative qui croît le plus vite dans les cabinets, et aucune de ces étapes ne relève du jugement professionnel. La qualification du risque, elle, reste au conseiller.
Le principe : la donnée officielle, pas la donnée déclarée
La vérification LCB-FT repose classiquement sur les documents fournis par le client et des consultations manuelles (Infogreffe, Societe.com, listes de sanctions). Trois limites : la donnée n’est pas toujours à jour, l’analyse manuelle est longue donc souvent superficielle, et le risque d’oubli sur les vérifications obligatoires est réel.
L’alternative : interroger en temps réel les bases certifiées INPI et INSEE via une IA connectée (le principe est détaillé dans Connecter Claude à Pappers). L’IA récupère la structure complète, les dirigeants et leurs dates de nomination, les bénéficiaires effectifs avec leurs pourcentages et la chaîne de contrôle, l’historique BODACC et, selon l’offre souscrite, le criblage PPE et sanctions (OFAC, ONU, UE).
Ce qu’un dossier de vigilance automatisé doit produire
Un dossier de diligence exploitable suit toujours la même structure :
- Identification complète de la structure : forme, capital, siège, date de création.
- Dirigeants exhaustifs avec fonctions et dates de nomination.
- Bénéficiaires effectifs : noms, pourcentages, chaîne de contrôle.
- Résultat explicite du criblage PPE et sanctions, personne par personne, y compris quand aucune alerte n’est détectée.
- Publications BODACC des 24 derniers mois : cessions, modifications, nantissements.
- Synthèse du niveau de risque (faible, modéré, élevé) justifiée.
- Documents complémentaires à demander au client selon le niveau identifié.
Le point décisif pour un contrôle : la traçabilité. Chaque élément est daté et sourcé (INPI, INSEE, BODACC), et le rapport peut être versé au dossier client comme preuve de diligence raisonnable. Il ne remplace pas le jugement sur les cas complexes ; il fiabilise la collecte sur les dossiers standards.
Prolonger en surveillance continue
Le dossier d’entrée en relation vieillit vite. La même mécanique tourne en revue mensuelle sur toutes les entreprises exposées dans le portefeuille : procédures collectives ouvertes, publications BODACC (nantissements, cessions, changements de direction), retards de dépôt des comptes : un signal faible de tension de trésorerie souvent ignoré.
Vous obtenez un tableau vert, orange ou rouge par entreprise, avec une action recommandée pour les statuts dégradés. Quelques minutes par mois pour savoir quels clients appeler en urgence : peu de cabinets le font, et c’est un vrai argument de fidélisation.
Ce que ça suppose côté conformité de l’outil
Automatiser la conformité avec un outil non conforme serait absurde. Deux garde-fous :
- Les données interrogées ici sont publiques (registres légaux). Ne mêlez pas de données personnelles de clients à ces requêtes sans cadre adapté : voir RGPD et AI Act 2026 pour les CGP.
- La qualification finale du risque reste au professionnel, documentée et traçable : le cadre est celui décrit dans IA et conformité pour les CGP.
Pour un cabinet qui veut tenir ce travail sans le monter lui-même, l’étape Connaissance client de Charlie, l’agent IA de cabinet, prépare le recueil de connaissance client, calcule le profil investisseur au barème du cabinet, crible le client et ses bénéficiaires effectifs au registre des gels d’avoirs, de nouveau à chaque publication du registre, et rédige la fiche de vigilance. Une correspondance est une alerte, jamais un blocage : la décision reste au conseiller.
Par où commencer
- Brancher l’IA sur la donnée certifiée : un compte Pappers et le connecteur dans Claude, voir installer Pappers MCP.
- Passer un dossier standard existant dans la structure en sept points ci-dessus et comparer avec votre dossier manuel.
- Mettre en place la revue mensuelle sur les dix entreprises les plus exposées du portefeuille.
- Documenter la procédure dans votre registre des traitements.
Le guide complet, avec les prompts calibrés prêts à l’emploi pour chaque vérification (entrée en relation, revue périodique, surveillance mensuelle), est disponible sur demande : ajoutez Thomas Higadère sur LinkedIn et demandez le guide Pappers pour CGP.