Votre sélection de fonds tient-elle face à un contrôle ?
Le fonds était le bon. Encore faut‑il pouvoir le montrer.
Un client conteste une moins-value deux ans après la souscription. Ou votre association agréée demande, au contrôle annuel, sur quoi reposait cet arbitrage. Vous vous souvenez très bien de votre raisonnement : la gamme du contrat était étroite, ce fonds tenait mieux les phases de baisse, les frais étaient corrects. Le problème, c’est que ce raisonnement n’existe nulle part par écrit.
MIF II et la DDA ne vous demandent pas d’avoir eu raison. Elles vous demandent de pouvoir montrer comment vous avez décidé. Voici quatre prompts qui transforment Claude en analyste de sélection : cartographier la gamme réellement souscriptible du contrat, comparer les fonds d’une même catégorie, croiser avec le profil du client, puis produire la note qui trace tout cela. Le tout sur des documents publics, listes de supports et DIC, avec un profil client anonymisé. Comptez une heure la première fois pour cartographier un contrat, puis quelques minutes par dossier : la carte est faite une fois et sert à tous les clients logés au même endroit.
La règle non négociable
Un conseil qui n’est pas écrit n’a jamais eu lieu.
Devant une réclamation ou un contrôle, votre mémoire ne pèse rien. Seul compte le document daté qui montre les critères retenus, les fonds comparés et ceux que vous avez écartés. Trois exigences le rendent solide. Le périmètre d’abord : la sélection porte sur les supports réellement souscriptibles dans le contrat du client, pas sur l’univers entier du marché. Les alternatives ensuite : citer deux ou trois fonds sérieusement envisagés puis écartés, avec la raison, c’est ce qui prouve qu’une sélection a eu lieu plutôt qu’une habitude. La cohérence enfin : tout support dont l’indicateur de risque dépasse le profil déclaré du client doit être justifié par écrit, sinon il ressort au contrôle.
01 · Cartographier la gamme du contrat
Un cabinet travaille sur deux contrats d’assurance-vie et alloue depuis des années sur la même vingtaine de fonds, alors que la gamme en compte plusieurs centaines. Des catégories entières restent inexploitées, faute d’avoir jamais été regardées. La liste des supports est publique : elle figure dans l’annexe financière du contrat ou sur le site de l’assureur. Vous la déposez, vous obtenez la carte complète de ce dont vous disposez vraiment. À lancer une fois par contrat, puis à chaque mise à jour de gamme.
Le prompt à copier
Tu es analyste buy-side senior. Ta mission : cartographier la gamme de supports d’un contrat d’assurance-vie pour qu’un conseiller sache exactement ce dont il dispose.
Voici la liste des supports du contrat [nom du contrat, assureur] :
[coller la liste ou joindre le PDF de l’annexe financière]
Produis la cartographie :
1. La répartition par classe d’actifs, en tableau : combien de fonds actions, obligataires, diversifiés, monétaires, immobiliers, fonds euros.
2. La répartition par société de gestion : quelles maisons dominent la gamme, lesquelles sont sous-représentées.
3. Les zones de richesse : les catégories où le contrat offre un vrai choix, avec plus de cinq supports comparables.
4. Les zones de faiblesse : les catégories où le choix est pauvre ou inexistant, et ce que cela interdit comme allocation.
5. Les singularités : les supports rares que peu de contrats proposent.
6. La synthèse en cinq lignes : pour quel type de profil ce contrat est bien armé, et pour quel type il est limité.
Garde-fou : tu travailles uniquement sur la liste fournie. Tu n’ajoutes aucun fonds absent de cette liste. Si elle semble incomplète ou datée, tu le signales au lieu de compléter.
Garde-fou. Une gamme évolue : des supports ferment, d’autres arrivent. Vérifiez la date de la liste que vous déposez, une cartographie construite sur une annexe de l’an dernier vous fera proposer un fonds qui n’est plus référencé. Et le fait qu’une catégorie soit riche ne veut pas dire qu’elle convient à ce client.
02 · Comparer les fonds d’une même catégorie
Le contrat propose huit fonds actions Europe. Lequel retenir pour la poche actions d’un client équilibré ? Répondre par habitude prend trente secondes, répondre par l’analyse prenait deux heures. Les DIC se récupèrent sur le site de chaque société de gestion, ou plus vite dans l’espace documentaire de l’assureur, qui les regroupe souvent contrat par contrat. Vous les joignez et vous obtenez le comparatif sur les critères qui tranchent vraiment, avec les frais convertis en euros plutôt qu’en pourcentages abstraits. À utiliser à chaque arbitrage, catégorie par catégorie.
Le prompt à copier
Tu es analyste fonds senior dans une équipe de sélection institutionnelle. Ta méthode : comparer des fonds comparables, sur des critères explicites, sans complaisance envers les grandes marques.
Voici les documents publics de [X] fonds de la même catégorie [ex : actions Europe], tous disponibles dans le contrat [nom] :
[joindre les DIC]
Compare-les :
1. Le tableau comparatif : pour chaque fonds, performance 1 an, 3 ans et 5 ans avec la date indiquée dans le document, indicateur de risque, frais courants, frais de gestion, encours, ancienneté du fonds.
2. La performance ajustée du risque : à niveau de risque égal, qui délivre le plus. Signale tout fonds dont la surperformance s’explique simplement par un risque supérieur.
3. Les frais en euros : l’écart de frais courants entre le plus cher et le moins cher, et ce que cet écart représente sur 10 ans pour 100 000 € investis, à performance brute identique et sans projection de rendement.
4. Le verdict : le classement final, justifié en deux phrases par fonds. Le premier n’est pas le plus performant, c’est le meilleur rapport entre performance, risque, frais et régularité.
5. Le point de vigilance sur le fonds retenu : ce qui pourrait le faire déclasser au prochain point de suivi.
Garde-fou : tu ne cites que les chiffres présents dans les documents joints, avec leur date. Si les DIC n’ont pas la même date d’arrêté, signale-le, cela fausse la comparaison. Aucune projection de performance future.
Garde-fou. Le classement dépend de la période retenue : un fonds premier sur un an peut être médiocre sur cinq, et la performance passée ne préjuge pas de la future. Regardez la régularité plutôt que le pic. Recoupez les chiffres du tableau contre les DIC officiels avant de les reprendre dans un document client : c’est vous qui signez.
03 · Croiser avec le profil du client
C’est le premier point qu’un contrôleur regarde : la cohérence entre le profil de risque déclaré et les supports proposés. Un support classé 6 sur 7 dans un profil équilibré, sans justification écrite, c’est exactement l’écart qui ressort. Vous déposez le profil anonymisé du client et la gamme du contrat, et vous obtenez une allocation qui ne sort jamais du périmètre souscriptible, avec la cohérence vérifiée ligne par ligne.
Le prompt à copier
Tu es allocataire d’actifs, avec une contrainte absolue : chaque support proposé doit être cohérent avec le profil réglementaire du client, et chaque écart doit être justifié par écrit.
Profil client (anonymisé) :
Profil de risque : [prudent / équilibré / dynamique]
Horizon : [X ans]
Objectif : [retraite / transmission / rendement / capital]
Montant à investir dans ce contrat : [montant arrondi]
Contraintes : [besoin de liquidité, préférence ISR, aversion sectorielle]
Gamme disponible : [coller la cartographie du prompt 01]
Fonds déjà analysés : [coller les verdicts du prompt 02]
Construis l’allocation :
1. L’allocation cible en pourcentages, uniquement avec des supports présents dans la gamme. Pour chaque ligne : le support, son poids, son rôle (moteur, amortisseur, liquidité, diversification).
2. La cohérence ligne par ligne : l’indicateur de risque de chaque support face au profil déclaré. Tout support qui dépasse le profil est soit retiré, soit accompagné d’une justification écrite explicite (poids limité, horizon long, contrepartie dans l’allocation).
3. Le niveau de risque global du portefeuille, démontré en trois lignes.
4. Ce que la gamme n’a pas permis : les classes d’actifs souhaitables mais absentes du contrat, et si cela justifie d’ouvrir une seconde enveloppe.
5. Les deux solutions de repli dans la gamme si un support ferme ou change de conditions.
Garde-fou : zéro support hors gamme. Zéro promesse de rendement. Si le profil et l’objectif sont incompatibles, par exemple un objectif de rendement élevé avec un profil prudent, tu le dis explicitement au lieu de forcer une allocation.
Garde-fou. L’allocation proposée est un point de départ, pas une décision signée. La machine ne voit ni le projet du client, ni sa tolérance réelle aux à-coups, ni sa fiscalité. Et une justification écrite ne rend pas acceptable un support qui ne l’est pas : si l’écart au profil vous gêne, retirez le support au lieu de le justifier. Une règle sur ce que vous déposez dans l’outil : le profil reste anonymisé, pas de nom, pas de numéro de contrat, des montants arrondis.
04 · Produire la note qui se défend
Entre « je vous recommande ce fonds » et une note de sélection écrite, il y a toute la distance entre une intuition et un conseil traçable. La note doit passer deux lectures : celle du client, qui doit la comprendre sans explication orale, et celle d’un contrôleur, qui ne doit y trouver aucune affirmation non sourcée. C’est le dernier maillon, celui qui donne sa valeur aux trois précédents, et c’est aussi celui que personne ne prend le temps d’écrire.
Le prompt à copier
Tu rédiges des notes de sélection de fonds pour un cabinet de gestion de patrimoine. Ton standard : chaque affirmation est sourcée, chaque choix est justifié, et le document est compréhensible par le client autant que défendable devant un contrôleur.
Voici les analyses réalisées : [coller les sorties des prompts 02 et 03]
Profil client : [profil anonymisé]
Contrat concerné : [nom du contrat et assureur]
Rédige la note de sélection, deux à trois pages :
1. Contexte et objectif : la situation du client en trois lignes, l’objectif de la sélection.
2. Méthodologie : les critères utilisés (performance ajustée du risque, frais courants, régularité, cohérence avec le profil) et le périmètre retenu, c’est-à-dire la gamme du contrat avec sa date de référence.
3. La sélection retenue : chaque support avec sa justification en quatre phrases maximum, son niveau de risque, ses frais, et la source datée de chaque chiffre.
4. Les alternatives écartées : les deux ou trois supports sérieusement considérés puis écartés, avec la raison. C’est ce qui prouve qu’une sélection a eu lieu.
5. Les risques et limites : les risques principaux formulés honnêtement, la sensibilité aux scénarios défavorables, la liquidité de chaque support.
6. Les mentions obligatoires : performances passées ne préjugeant pas des performances futures, niveaux de risque, frais totaux, date du document, renvoi aux DIC remis séparément.
7. Le calendrier de revue : à quelle échéance cette sélection sera réexaminée, et sur quels critères.
Garde-fou : langage client, zéro jargon non expliqué, zéro superlatif. La note doit passer ce test : lue par un contrôleur, elle ne déclenche aucune remarque ; lue par le client, elle ne nécessite aucune explication orale.
Garde-fou. Relisez la note avant de la remettre, en particulier les chiffres : c’est votre signature en bas de page, pas celle de la machine. Datez-la et classez-la dans le dossier client le jour même, une note écrite six mois après coup ne protège personne. Et tenez le calendrier de revue que vous y avez inscrit, sinon il se retourne contre vous.
L’événement de la semaine
L’Année de la RegTech 2026 par L’Observatoire de la Fintech
Mardi 17 novembre 2026, 8h30 à 13h00 · Le Village by CA, 55 rue La Boétie, Paris 8e
Le lancement d’un panorama des solutions RegTech du marché : conformité, vérification d’identité, lutte contre la fraude et le blanchiment, gestion des risques, reporting réglementaire. C’est la question de cette édition prise par l’autre bout, celui des outils. Matinée d’échanges, puis cocktail. Entrée libre, inscription soumise à l’accord de l’organisateur.